Si Venise m’était conté…

La lagune de Venise était déjà habitée en 1300 avant J.-C. par un peuple indo-européen, les Vénètes. De la guerre contre les spartiates en 302 av. J.-C. où ils sont vainqueurs jusqu’aux invasions barbares du Ve et VIe siècles après J.-C., les Vénètes ont leur refuge naturel dans les lagunes. Il semble que l’histoire de Venise commence en 742 avec l’établissement du siège ducal à Maloccomo, l’actuelle île du Lido. Par sécurité, ce siège est transféré en 810 à Rivo Alto qui deviendra le Rialto. Cette date marque la fondation de Venise.

Italie (1952)
Colonne place Saint Marc (Y&T N° 630)

Très vite la ville va se développer et devenir une cité marchande qui exerce le commerce avec l’orient et l’occident, établissant des comptoirs tout autour de la Méditerranée. Elle devient ainsi une république cité-état, en concurrence avec l’autre cité, elle aussi sur l’Adriatique, Gênes.

Une date importante va marquer l’histoire de Venise, l’arrivée du corps de Saint Marc l’Evangéliste en 828. Ce corps a été volé par deux marchands vénitiens à Alexandrie en Egypte. Ils vont ramener celui-ci caché dans de la viande de porc afin qu’il ne soit pas découvert par les musulmans. Le lion de l’évangéliste devient le symbole de la ville. [1]

Les croisades et particulièrement la 4e (1201-1204) vont permettre à la cité de devenir une puissance de première grandeur. Les croisés pour se rendre en terre sainte ont besoin de bateaux. Venise va les leurs fournir moyennant finance. Ces croisades permettent aussi à Venise d’étendre ses possessions comme la côte Dalmate, Chypre, la Crête et des îles grecques. C’est l’époque où le plus célèbre Vénitien, Marco Polo (1254-1324) [2] ira en Chine par la route de la Soie.

Italie (1954)
7e centenaire de Marco Polo
(Y&T N° 678)

Cette puissance atteindra son apogée au XVe siècle, les vénitiens ayant un véritable empire colonial, le commerce et la finance en étant les premiers banquiers de cette époque. Mais le déclin va venir avec les conflits incessants contre les Ottomans malgré la victoire de Lépante [3] en 1571. La montée en puissance de l’Espagne et du Portugal vont accentuer sa chute. Petit à petit, Venise va devenir la ville des plaisirs fastueux comme le carnaval qui au XVIIIe siècle pouvait durer six mois.

Monaco (1971)
400 ans de la bataille de Lépante
(Y&T N° 870)
Saint Marin (1971)
le Grand Canal
(Y&T N° 780)

Les aléas de l’histoire font qu’elle devient française en 1797 avec Bonaparte, puis autrichienne, à nouveau française avec Napoléon. Une seconde république éphémère verra même le jour en 1848. Elle devient italienne en 1866 grâce à Napoléon III qui y organise une consultation. Pour celui qui visite Venise, celle-ci semble sortie de l’eau.

La cité a été édifiée sur cent-dix sept îles séparées par cent cinquante canaux que franchissent quatre cents ponts. Ces canaux sont sillonnés par des gondoles ou par les vaporetto qui sont les bus locaux. Ils permettent d’admirer sur le Grand Canal [4] les deux cents palais de marbre du XVII et XVIIIe siècle qui le bordent.

Tous ces palais [5] ont des styles différents avec la double influence de l’Orient et de l’Occident.

Togo (1972)
Le palais Ca d’Oro
(Y&T N° PA 173)

Du grand canal, on arrive sur la place Saint Marc bordée par les procuraties (palais construits sur des galeries) et la basilique Saint Marc de style byzantin avec ses cinq coupoles [6]. A côté se trouve la tour de l’Horloge avec à son sommet deux géants qui frappent les heures sur une cloche.

Nouvelle-Calédonie (1972) Basilique Saint Marc
(Y&T N° PA 127)
Monaco (1972)
La place Saint Marc
(Y&T N° 889)
Burundi (1971)
Le palais des Doges
(Y&T N° PA 242)

La place est dominée par le campanile [7] reconstruit en 1912 après son effondrement. Et puis à côté de la basilique, le palais des Doges [8] où s’exerça le pouvoir éxécutif jusqu’en 1797. C’est maintenant un superbe musée abritant des oeuvres du Titien, du Tintoret et de Véronèse.

Ce palais est relié par l’arrière aux prisons par le pont le plus romantique des ponts vénitiens, le pont des Soupirs [9] qui enjambe un canal. Celui-ci devrait son nom aux soupirs des prisonniers qui le traversaient, en voyant une dernière fois la liberté. Vérité ou légende?

Algérie (1972)
Le pont des Soupirs (Y&T N° 544)

L’autre pont célèbre de Venise, est le Rialto [10] qui enjambe le Grand Canal. Sa silhouette massive et harmonieuse, son triple escalier, sa double file de boutiques en font un des monuments caractéristiques de Venise.
Il y a bien sûr beaucoup de monuments magnifiques comme l’opéra La Fenice deux fois incendiée et deux fois reconstruite, l’église San Giorgio Maggiore et bien d’autres, ou des quartiers comme le ghetto juif. Mais il faut visiter Venise à pied, longer les canaux, passer les petits ponts, se perdre dans les petites ruelles pour mieux découvrir la Sérénissime et ressentir son âme.

Italie (2007)
Le pont du Rialto


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Bibliographie et informations :
– Catalogue Yvert et Tellier
http://fr.wikipedia.org
http://www.e-venise.com
http://www.turismovenezia.it
http://www.vivre-venise.com

Un article écrit par Michel Martin

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